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Première partie : de 1974 à 1989 par Edouard Patino, le 10 juin 2005


A sa création en 1969 au Congrès d'Issy les Moulineaux, le Parti Socialiste, qui succéde à la SFIO, est représenté sur le 13e arrondissement par une section géographique unique.

Après les nombreuses adhésions qui suivent le Congrès d'Epinay en 1971, la signature du Programme Commun et la Présidentielle de 1974, la section compte plus de 300 militants. Aussi, les militants choisissent-ils de diviser la section en deux pour améliorer le débat interne et être plus proches du terrain.


C'est donc fin 1974 que nait la 13e Ouest.

Son territoire correspond à la 14e Circonscription législative de Paris et Paul Quilès en est le premier Secrétaire. Avec l'arrivée des militants transfuges du PSU, la section dépasse dès 1974 les 200 militants.

Le Congrès de Pau en 1975 est le premier de la section et il permet à la majorité du Parti - Mitterrand / Rocard - de s'imposer dans la section alors que la Fédération de Paris, comme la 13e Est, reste un bastion du CERES.

Les talents de dirigeant politique et d'organisateur de Paul Quilès, bien aidé par une CA très dynamique et pour les taches administratives par Josèphe-Marie Quilès, se révèlent très vite. Pour coller au terrain, la section est découpée en 7 secteurs géographiques. Les secteurs, à l'image des cellules du PC, sont le premier lieu de débat, de formation et de militantisme. Pour les sujets transverses, des GAR (Groupe d'Action et de Réflexion) sont créés ; les plus dynamiques sont ceux consacrés au logement, à l'urbanisme, à l'éducation, à la petite enfance et à l'environnement.

Rappelons qu'à l'époque, si les discussions sur la Révolution des Œillets au Portugal enfièvrent les AG, l'aménagement du 13e avec la construction des tours occupe beaucoup les militants de la 13e Ouest qui se passionnent aussi pour les Comités de Soldats et surtout les 15 thèses pour l'autogestion.

La Formation dont s'occupe à la CA le secrétaire-adjoint Gilbert Mathieu est une des bases du militantisme. Plusieurs samedis par an, les militants sont conviés à des séances de formation. Yvette Roudy, Colette Audry, Pierre Rosanvallon, Patrick Viveret viennent ainsi rue de la Glacière ou avenue Reille former les militants à l'histoire du Parti, l'autogestion, le féminisme, le front de classe ou même la prise de parole en public et l'écriture d'un tract ; "2/3 de propositions et 1/3 d'attaques" disait toujours Gilbert Mathieu


Début 1977, pour les élections municipales, une AG mémorable réunit les deux sections du 13e à la Mie de Pain, rue Charles Fourrier. Il faut élire nos 3 candidats au Conseil de Paris ; l'accord PC/PS prévoie que la tête de liste doit être PC tout comme 4 conseillers sur les 7 éligibles. L'affrontement entre d'un côté Louis Moulinet, Jean Pierre Welterlin et Daniel Benassaya appuyés par le CERES et de l'autre Paul Quilès, Gérard Fuchs et Jean Marie Le Guen, représentants du courant A, est terrible.

Finalement, au bout de la nuit, avec moins de 10 voix d'écart sur plus de 350 militants, le trio du CERES l'emporte et dans le sillage de Georges Sarre qui conduit la liste parisienne "Changer la vie", ils sont élus Conseillers de Paris. C'est l'année où Jacques Chirac devient Maire de Paris ; la Gauche gagne un très grand nombre de villes, démontrant ainsi qu'elle est devenue majoritaire dans le pays. La victoire aux élections législatives qui vont suivre semble promise.

Le Congrès de Nantes au printemps 1977 confirme dans la section comme dans le Parti l'hégémonie du courant 1 face au courant 2 (le CERES).

A l'été 77, l'actualisation du Programme Commun tourne mal mais cela ne freine pas l'ardeur des militants de la 13e Ouest qui, dès la rentrée, se mobilisent pour gagner cette 14e circonscription  tenue par la droite et où depuis 1958, le PC a toujours devancé le PS.

Le ticket Paul Quilès (Mitterrandiste) - Maïté Mathieu (Rocardienne) est choisi par les militants à l'automne 1977 pour mener la bataille. Le PC qui entend gagner cette circonscription où la Droite ne l'a battu en 1973 que de 14 voix, présente Philippe Herzog, un de ses plus sûrs espoirs de l'époque. Quant à la Droite, Chirac choisit un parachuté, Alexandre Sanguinetti, vieux lion gaulliste redoutable. La bataille du 1er tour, où il faut absolument devancer le PC pour faire gagner la gauche est dure et la section mène une campagne exceptionnelle.

Le second tour contre la Droite connait deux moments forts. Tout d'abord, François Mitterrand, venu nous soutenir, subit dans le centre Galaxie (Italie II) une attaque de militants d'extrême droite. C'est couverts d'“ufs et de jus de tomates que beaucoup de militants regagnent le vieux local de section rue Bourgon. Ensuite, un grand débat public organisé par un quotidien au PLM St-Jacques oppose devant 2000 personnes Paul Quilès à Alexandre Sanguinetti. Ce soir-là, tous les militants croient à la victoire.

Celle-ci arrive et elle est d'autant plus remarquée que c'est la seule circonscription parisienne gagnée par le Parti Socialiste. La joie des militants est contrariée par la défaite nationale tant redoutée depuis la rupture PS/PC sur l'actualisation du Programme Commun et la division de la Gauche.

Le soir à la télévision, Michel Rocard explique la défaite et… le Congrès de Metz  commence.

Paul Quilès député, c'est Jean-Claude Giblin qui devient Secrétaire de la 13e Ouest. Simultanément, la Ville de Paris nous exproprie de la rue Bourgon et c'est en mai 1978 que notre section s'installe au 1er étage du 41, rue Bobillot tout près de la mairie.


Pour les militants de la 13e ouest la première étape de la prise du pouvoir  s'achève.

Le congrès de Metz est difficile pour beaucoup de militants. Le CERES se coupe en 2 et le courant majoritaire en 4 (Mitterrand, Mauroy, Rocard, Defferre).

Dans la 13e Ouest, c'est le courant A (Mitterrand) qui l'emporte devant le courant C ( Rocard).

Serge Blisko, qui a fini son service militaire, succède à Jean Claude Giblin à la tête de la section et très vite, il faut batailler pour la campagne des Européennes de 1979 que Mitterrand conduit et préparer la Présidentielle de 1981.

Paul Quilès, jeune député remarqué par Mitterrand, devient le Directeur de cette campagne qui va entrer dans l'Histoire. "La force tranquille" triomphe. Et c'est ainsi que le 10 mai 1981, après avoir tenu les bureaux de vote, les militants de la section se retrouvent vers 22 h au métro place d'Italie pour rejoindre la Bastille et fêter la victoire de François Mitterrand.

Les législatives qui suivent tiennent compte des nouveaux équilibres issus du Congrès de Metz et les militants de la 13e Ouest choisissent le ticket Paul Quilès / Serge Blisko qui gagne facilement la législative avec près de 60% des voix.

Après le Congrès de Valence à l'automne 1981 où il n'y a qu'une seule motion se déroulent les Municipales de 1983. Depuis Metz, le CERES ne dirige plus seul la Fédération de Paris et une bataille interne oppose Georges Sarre soutenu par le CERES à Paul Quilès soutenu par le courant A. Les militants parisiens choisissent Paul Quilès. La campagne est très difficile en raison de la main mise de Chirac sur la vie politique parisienne et la droite s'empare du 13e. L'échec de la Gauche en France est cuisant et nous perdons beaucoup de villes (Grenoble dès le 1er tour, mais aussi Nantes et Dreux où l'extrême droite apparaît pour la première fois).

Après le Congrès de Bourg-en-Bresse à l'automne 1983 où le CERES se compte, Chevènement quitte le Gouvernement ; Paul Quilès devient Ministre de l'Equipement. Serge Blisko le remplace au Palais Bourbon et Paul Servy est le nouveau Secrétaire de section.

En 1985, au Congrès de Toulouse - début de l'affrontement Fabius 1er Ministre / Jospin 1er Secrétaire - ce sont les Rocardiens qui se comptent (Rocard opposé à la proportionnelle quitte le Gouvernement) alors que le CERES réintègre la majorité.

Les Législatives de 1986 à la proportionnelle départementale échappent un peu aux sections locales car il y a une liste socialiste pour la circonscription "Paris" menée par Lionel Jospin et  Paul Quilès ; 8 députés socialistes sont élus. Les élections régionales qui se déroulent simultanément permettent à Serge Blisko d'être élu au conseil régional.

Après la cohabitation de 1988, la réélection de François Mitterrand remet la gauche au pouvoir. Le "découpage" Pasqua change les circonscriptions et notre section se retrouve à cheval sur deux circonscriptions : un petit morceau entre les avenues de Choisy et d'Italie est sur le territoire de la 9e circonscription, le reste de la section avec un morceau du 14e forme la 10e circonscription.

Paul Quilès choisit de se présenter sur la 9e circonscription avec Jean Marie Le Guen comme suppléant. Les militants de la 10e choisissent un ticket Castagnou / Blisko. La Fédération de Paris qui souhaite réserver cette circonscription aux femmes (nous) impose Gisèle Stievenard. Celle-ci fait une bonne campagne et devance même Toubon sur le 13e. Malheureusement, la partie du 14e donne un avantage global au candidat de la Droite.

Elu, Paul Quilès devient Ministre des télécommunications et de l'espace et rejoint la 13e Est. Après les municipales de 1989 à nouveau perdues et le départ de Gisèle Stievenard vers le 19e, c'est Serge Blisko qui devient naturellement le leader de la 13e ouest.

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